La famille Lauzon

 

Il existe plusieurs manières de recouvrir un toit; des bardeaux d’asphalte ou de cèdre, de la tôle à baguette ou à la canadienne, de l’ardoise, du chaume, des tuiles, de l’ardoise…

En fait, on choisissait ce que la nature offrait dans l’environnement; c’est ainsi que dans certaines régions où des pierres plates étaient disponibles, ce matériau a été privilégié pour  couvrir les toitures; solide, résistant au vent et au feu, durable, un toit de lauzes avait cependant un défaut, son poids; une structure massive en bois d’épinette (épicea pour nos cousins français) était nécessaire pour supporter les tonnes de roches, et l’installation était particulièrement pénible.

Vous l’avez peut-être deviné, le poseur de lauzes était un lauzon; les premiers Lauzon arrivés au pays avaient abandonné cette activité depuis longtemps mais ont conservé ce surnom depuis; de plus, un Pierre Laurent dit Lauzon venait du village d’Auzon en France. Je ne peux pas affirmer avec certitude si les Lauzon de Saint-Pierre sont issus de Gilles arrivé en Nouvelle-France en 1653, de Daniel en 1755  ou de Pierre Laurent-Lauzon la même année.

 

 

 

 

Un toit de lauzes.

 

 

 

 

Les Habermacher

En vieil allemand, le mot « haber » signifie « avoine », et un « Habermacher » serait ainsi un producteur d’avoine; les sympathiques Hans Rudolph Habermacher et son fils Mathieu de Sainte-Cécile-de-Lévrard en cultivent encore mais sont devenus producteurs laitiers.

 

 

 

 

 

 

 

Manset

Un (ou une) manse était, dans le sud de la France, une exploitation agricole suffisante pour faire vivre une famille, comprenant l’habitation, les bâtiments agricoles, les champs, jardins et vergers; celui qui l’exploitait se nommait « manset » mais il n’en était pas le propriétaire; le seigneur lui accordait le droit de cultiver mais le manset devait en contrepartie lui remettre une partie des récoltes ou encore lui consacrer du temps pour cultiver les terres; un échange de bons procédés qui se devait d’être profitable aux deux parties. Le système a bien fonctionné pendant tout le moyen-âge et bien au-delà; ceux qui ne possédaient que leurs bras pour gagner leur pain trouvaient ainsi une façon honorable de faire vivre leur famille et de leur assurer une certaine sécurité; un travailleur fiable et efficace était toujours apprécié.

En Nouvelle-France un système différent permettait à un individu de cultiver une terre donnée par le seigneur moyennant des sommes annuelles, le cens et la rente; ce système a été officiellement aboli en 1854 mais a perduré encore près d’un siècle.

 

C’est de là que vient mon nom.

 

 

Alain Manset, shglb